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Introduction au bracelet-montre : Les origines, le marché actuel, initiation à la fabrication

Si naturellement le collectionneur enrichit sa culture générale horlogère au fur et à mesure qu’il nourrit sa passion, force est de constater que le décalage entre sa culture de la montre et sa méconnaissance du bracelet le font souvent faire des choix banals voire austères pour éviter toute faute de goût. En outre, rare sont les sources d'information sur le meilleur ami de votre montre... son bracelet. Alors, profitez-en.


Qu’est ce que le bracelet montre ? un simple bout de cuir qui a progressivement permis le passage de la montre de poche, dite de gousset, (du nom de la poche dans laquelle elle se glisse) à la montre bracelet, celle qui se porte au poignet. la première de l’histoire fut crée en 1810 par le Suisse Abraham Louis Breguet. Purement pratique lors de sa démocratisation par les poilus Français de la seconde guerre mondiale, il est progressivement devenu pragmatique et esthétique en permettant à son propriétaire de voir aisément l’objet chéri, mais aussi de le faire voir. De fait, il a fallu habiller ce bout de cuir, le rendre élégant, à la mesure de l’objet d’art qu’il protège. Les premiers cuirs utilisés dans le bracelet-montre étaient exclusivement constitués de bovins, ovins et porcins. Dans les années 30 apparurent les bracelets en crocodile (Afrique exclusivement, petites écailles de préférence) et en lézard. les couleurs sobres étaient de rigueur (noir, marron, vert bouteille et bordeaux), non pas par goût de sobriété ou par austérité mais tout simplement parce qu’il n’était techniquement pas possible pour les tanneurs de l’époque de fixer durablement les couleurs vives ou claires. Notons au passage que l’allemand Rugner, en 1900, fut le premier tanneur européen à proposer à l’industrie de la maroquinerie les cuirs de reptiles (lézard, tortue et crocodile). Dans les années 70, l’autruche ou le pécari (sanglier sauvage d’amérique du sud) firent leur apparition, suivis par la queue de castor dans les années 80. Les bracelets métalliques ostentatoires et luxueux pour l’or, démocratiques pour l’acier apparurent pour leur part dans les années 20. Le meilleur ambassadeur des montres à bracelets metalliques est sans conteste la marque Suisse Rolex. Rappellons que que cette marque est à la fois la marque de montre de luxe la plus connue au monde, et la plus vendue. 

Petite anecdote : c’est à Monsieur Bivert, le responsable des montres Blancpain, que nous devons l’apparition des cuirs de crocodile mat et d’autruche dans les montres bracelets de haute horlogerie. Issu d’une famille de chausseurs à Lausane, il a su considerer le cuir comme une matière noble, et non comme un simple support de la montre. 

Les innovations technologiques, récurrentes depuis les années 80 nous ont proposés toutes sortes de matières nouvelles pour habiller la montre : plastique, caoutchou, kevlar, silicone, carbone, nylon, titane, et même bois (eh oui, j’en ai vu). Bref, il semble que l’avenir nous réserve encore mille surprise. Pourtant, en dépit de toutes ces innovations technologique, nous assistons aujourd’hui à un retour au bracelet cuir. A l’heure du renouveau vintage, de la mode paradoxale de l’ancien - j’en veux pour preuve les transactions florissantes et de plus en plus nombreuses de montres anciennes et de collection sur internet ou en salles des ventes – les passionnés d’horlogerie se tournent plus que jamais vers le bracelet cuir pour équiper leurs montres. 

Au demeurant, ce métier presque centenaire qu’est celui de la fabrication de bracelets-montres cuir se doit d’évoluer avec sa clientèle et ses produits. A l’heure de la mondialisation et de la modernisation technique, je me suis aperçu de trois phénomènes majeurs dans l’industrie du bracelet montre cuir : 

• Premièrement, les montres deviennent de plus en plus complexes, tant dans leurs mécanismes que par leurs systèmes d’attaches aux bracelets. Il y a dans ce cas des motivations intelligentes et rationnelles puisqu’on peut comprendre qu’il soit essentiel pour un horloger, de se démarquer de la concurrence, de s’affirmer parmi l’élite des fabricants. Mais aussi des raisons pour le moins étranges, pour ne pas dire spécieuses puisque les marques développent certains systèmes d’attaches non plus pour l’esthétique ou l’intérêt technique, mais pour forcer le client à venir se réapprovisionner chez eux en bracelets-montres. 

• Le deuxième point que j’ai remarqué (et je devrais dire « que je vis au quotidien », puisque c’est mon métier), est la personnalisation du bracelet montre. le « morceau de cuir » devient une sorte de lien métaphysique entre l’homme (ou la femme) et l’objet d’art, la montre. C’est précisément tout le contenu, tout le sujet de ce livre. Le bracelet-montre cuir est devenu le reflet de la personnalité du porteur de la montre. Esthètes, collectionneurs ou branchés, tous ont des motivations différentes. Les uns chercheront le cuir qui convient le mieux à l’esprit, à l’époque ou au style de leur montre. Les autres voudront la rendre plus originale, plus fantaisie, moins triste. D’autres encore voudront lui donner un look baroudeur, habillé, mode, provoquant… tout sera possible. En vérité, plus nos sociétés se rapprochent culturellement et économiquement, plus le monde devient uniforme et stéréotypé, plus les matières deviennent froides et inertes, plus certains d’entre nous éprouvent l’envie de se démarquer, de s’affirmer comme être humain unique et différent. Et bien sur, cette différence passe aussi… par le bracelet-montre. 

• Ma troisième remarque concerne l’évolution du marché : 

- D’abord d’un point de vue géographique : En effet, il semble que l’Europe - exception faite de la Suisse qui restera toujours l’un des temples de la montre et par rapprochement, du bracelet - cède progressivement sa place à l’Asie pour la fabrication du bracelet-montre (Sibra produit en Inde, Interstrap en Tunisie, Camille FOURNET, Cobra et Jean Rousseau à l’Ile Maurice, Bouveret et Brasport suisse au Portugal, et presque tous en Chine). Or, si les leaders du bracelet-montre de luxe tels Créations Jean-Claude PERRIN ou Camille FOURNET délocalisent leurs manufactures vers l’Asie (pour accéder plus facilement à ces marchés à forte croissance et faire baisser leurs coûts de production), il va s’en dire que le transfert de savoir faire et de technologie qui accompagne invariablement ces stratégies de délocalisation ne saurait aller sans modifier à moyen terme les rapports de force de l’industrie. 
- Ensuite, d’un point de vue structurel : On segmente souvent un marché industriel en haut-de-gamme, moyen-de-gamme, et bas-de-gamme. Dans le cas du bracelet-montre cuir, on assiste actuellement à un bouleversement complet du marché, les industriels du moyen de gamme étant pris en étaux entre ceux du haut-de-gamme - Camille Fournet (France) et Créations Jean-Claude PERRIN (France), ou encore Bouveret (France) et Interstrap (France) - et ceux du bas-de-gamme (Chinois), de plus en plus compétitifs, performents, et désireux de rogner de nouvelles parts de marché. Aussi, peut-on légitimement surveiller le positionnement des acteurs européens du moyen de gamme comme les Italiens Cyrius et morellato (n°2 mondial en unités produites), les Français Cobra (et Jean Rousseau), SIS, Sibra, Zuccolo-Rochet, Fleurus, l’allemand Kauffman, ou plus relativement les Suisses Brasport et Multicuirs. Inclassable, l’autrichien Hirsch a pour sa part, su tirer son épingle du jeu grâce à une stratégie commerciale très pragmatique. En effet, bien que sa production soit de qualité moyenne, la société Hirsch a su placer ses bracelets dans tous les pays du monde, chez des milliers de détaillants et aujourd’hui en quadrillant littéralement l’internet. Fort de son réseau de distribution unique au monde qui en fait le n°1 mondial du bracelet-montre (en unités produites), la société Hirsch s’attaque aujourd’hui au marché des manufactures horlogères en proposant des bracelets techniques tout à fait respectables. 

Qui fabrique les bracelets cuirs des grandes marques horlogères : 

Manufacture horlogère : Fabriqué par : 
Alain Silberstein : Créations Jean-Claude PERRIN 
Audemars piguet : Créations Jean-Claude PERRIN 
Baume & Mercier : Camille FOURNET 
Blancpain : Créations Jean-Claude PERRIN 
Boucheron : Créations Jean-Claude PERRIN 
Breguet : Créations Jean-Claude PERRIN 
Cartier : Camille FOURNET 
Chopard : Créations Jean-Claude PERRIN 
Corum : Schweizer & Schopf 
De Grisogono : Créations Jean-Claude PERRIN 
De Witt : Camille FOURNET 
Franck Muller: Créations Jean-Claude PERRIN 
Guy Elia : Créations Jean-Claude PERRIN 
Hermès : Hermès (en Suisse) 
IWC : Créations Jean-Claude PERRIN 
Jaeger LeCoultre : Camille FOURNET 
Lange & Shone : Créations Jean-Claude PERRIN 
Officine Panerai : Camille FOURNET 
Parmigiani : Hermès (en Suisse) 
Patek Philippe : Créations Jean-Claude PERRIN 
Rolex : Camille FOURNET, Schweizer & Schopf 
Tudor : Créations Jean-Claude PERRIN 
Ulysse nardin : Créations Jean-Claude PERRIN 
Vacheron Constantin : Brasport, multicuirs 
... 
Attention, Les grandes manufactures horlogères travaillant souvent avec plusieurs fournisseurs, cette liste ne saurait être considérée comme réellement exhaustive. 

Abordons à présent le travail des artisans (difficiles à recenser, bien que peu nombreux) qui sauront personnaliser vos bracelets-montres et les rendre unique, véritables reflets de votre personnalité. Voici les bases de leur artisanat : 

En amont, il y a le tannage, passage de l’état de peau, putrescible, à l’état de cuir, imputrescible. Autrefois, quelques opérations basiques permettaient de transformer la peau en cuir, principalement par des tannages astucieux aux minéraux, aux végétaux, au sel, aux graisses animales, à la fumée mais surtout à l’alun (sel de roche), ou aux tannins (écorces de chênes, châtaigniers, de mimosa, de quebracho…) selon les régions et les époques. Le mot « tannage » vient d’ailleurs du gaulois « tann », qui désigne le chêne. De nos jours, bien qu’il n’existe plus que deux types de tannages courants (végétal ou au chrome) entre 20 et 50 opérations techniques sont nécessaires au tannage complet d’une peau pour obtenir un produit fini. Le métier à d’ailleurs tellement évolué d’un point de vue technique qu’on peut affirmer qu’aucun artisan sellier-maroquinier n’est plus capable de tanner lui-même une peau en respectant à la fois les éxigences de qualité de l’industrie du luxe, et les standards de sécurité fixés par l’Europe ou les Etats-Unis. L’artisan du cuir s’approvisionne donc en cuirs chez le tanneur. Il peut alors commencer sa production. Le bracelet-montre emprunte ses techniques de fabrication à 3 écoles différentes : la maroquinerie (couture machine et tranches rembordées), la sellerie (couture main, tranches coupé-franc, et astiquage à la main), et la sellerie-maroquinerie (mélange des deux techniques précédentes). Cette dernière étant à mon avis la plus complète puisqu’elle fait appel aux deux autres techniques, c’est à travers elle que nous fabriquerons ensemble un bracelet montre. Bien sur, si le bracelet-montre est un petit article, les goûts sans cesse plus diversifiés de ses consommateurs et la technicité des systèmes d’attaches aux montres peuvent exiger de multiples opérations. Aussi, nous les résumerons à travers une quinzaines d’étapes, regroupées en cinq postes : 
- La coupe, 
- La préparation, 
- Le montage, 
- La surcoupe, 
- La finition. 

La coupe : 
Les cuirs obtenus chez les tanneurs et servant à la fabrication de notre bracelet-montre sont découpé à l’aide d’une presse et d’emportes-pièces ou grace à des outils de découpe à main (cuir de dessus, cuir de doublure, renforts et reliefs…). Cette opération est cruciale parce que d’une part, elle permet à l’artisan de gagner ou de perdre de l’argent (les peaux de crocodilidés notamment sont très onéreuses, et il convient d’optimiser chaque surface de peau), et d’autre part, parce que la beauté, le style, et la solidité du bracelet lui seront intrinsèquement liés. 

La préparation : 
Evidemment, il convient de préparer les différente pièces de cuir qui serviront à la fabrication du bracelet avant de les assembler. On les passe donc à la refendeuse pour amener le cuir à épaisseur voulue, puis à la pareuse pour couper les cuirs en biseau de sorte que les épaisseurs de cuirs s’épousent harmonieusement une fois assemblés. 

Le montage : 
Une fois tous les éléments de cuirs préparés, ils sont assemblés à la table de montage. L’artisans, s’aidera d’outils de coupe à la main, de pinceaux, de colles… 

La surcoupe : 
C’est l’étape la plus simple de la fabrication d’un bracelet-montre. Dans la plupart des cas, l’artisans se munira de l’emporte pièce adéquat pour amener le bracelet ébauché à ses tailles et formes définitives. Dans certains cas techniques ou hors normes, il faudra surcouper les bracelets-montres à l’aide d’outils de coupe à main ou de meules pour amener le bracelet aux proportions voulues. 

La finition : 
La finition est l’ensemble des gestes subalternes qui font qu’un bracelet sera beau et solide, ou de médiocre qualité. Couture, filetage, teinture, laque et astiquage, pose des passants, bichonnage… sont autant de petites opérations qui font la différence entre un bracelet quelconque et un véritable bracelet de luxe. 

Après l’étape de finition, l’artisan montera le bracelet sur votre montre, posera la boucle, et pourra même effectuer le perçage du ou des trous de réglage en votre présence, pour un meilleur service.

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